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Algérie: Complexe sidérurgique d'Annaba - L'après-grève - Vers un nouveau départ ?

L'ébullition et les mouvements de grève qu'a connus le complexe sidérurgique durant ces derniers mois, particulièrement depuis une dizaine de jours où des débordements étaient à craindre, tendent à s'estomper et cette unité stratégique commence peu à peu retrouver sa stabilité.
Pour rappel, en dehors des différents scandales qui avaient éclaboussé l'unique complexe sidérurgique du pays, impliquant aussi bien des responsables que des hommes d'affaires, les premières secousses qui avaient ébranlé cette importante structure industrielle avaient été ressenties après le divorce consommé entre le secrétaire général du syndicat ArcelorMittal M. Aïssa Menadi et son adjoint Smaïn Kouadria.
Les deux camps adverses avaient chacun mobilisé ses partisans pour contrôler le syndicat et l'on avait assisté à un conflit syndico-syndical qui avait failli déboucher sur un affrontement par travailleurs interposés. La manipulation par les uns et les autres, les atermoiements de la Centrale syndicale UGTA, les appréciations de la situation générale l'avaient contrainte à adopter la politique du «wait and see». Cela avait valu au complexe sidérurgique des journées d'incertitude, de suspicion et un moral des plus bas.
Les ouvriers, ballottés par des rumeurs et des prises de position pour ou contre tel ou tel autre camp, ne savaient plus où donner de la tête. Ce ne fut qu'après le soutien clair et net de la centrale syndicale à l'adjoint du secrétaire général, en l'occurrence M. Smaïn Kouadria, que la situation était revenue plus ou moins à la normale. Pendant ce temps, les entreprises dites de sous-traitance, celles qui avaient tout accaparé, continuaient à profiter de la situation (détournements, vols, arnaques et autres) si bien qu'on avait découvert un peu trop tard que des ateliers clandestins étaient installés à l'intérieur du complexe, utilisant ses équipements et sa matière première pour revendre à l'usine ses propres biens.
Puis, ce fut la première grève qui avait paralysé l'usine en juillet 2009 et avait duré 6 jours suite à une plateforme de revendications présentée par le syndicat de l'entreprise et rejetée par la direction générale. Celle-ci avait proposé une augmentation des salaires conditionnée par la suppression de 1 500 postes d'emploi, ce qui avait fait quitter la table des négociations aux représentations des travailleurs qui avaient appelé à une grève générale et illimitée. Les propositions de l'employeur avaient été qualifiées de vente concomitante qui ne saurait être acceptée par les travailleurs. La situation s'était dégradée et la grève allait perdurer, paralysant toutes les installations du complexe ainsi que les services extérieurs implantés au niveau du port de Annaba, à Skikda, à Alger et à Oran.

 
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